Ceci est un one shot. Il est composé des personnages de la série "Prison Break".
Phone Game
Lincoln et Michael grâce à l’intervention de Kellerman réussirent à échapper à Mahone et ses hommes. Seulement, dans l’esprit de Michael, une seule question perdurait. Sara. Il ne savait ni où elle était, ni si elle allait bien. Le dernier contact qu’ils avaient eut résidait dans ce fébrile coup de téléphone quelques heures auparavant. Un coup de téléphone qui lui procurait une profonde frustration.
Flash Back.
Les barreaux de leur nouvelle prison venaient de se refermer sur les deux frères, mettant ainsi fin à leur cavale. Un sentiment d’impuissance s’emparait de Michael. Toute cette fuite, ces sacrifices… mais aussi Sara n’avait servi à rien. Sara. Son nom revenait dans sa tête tel un boomerang. Elle l’avait abandonné. Il s’était servi d’elle. Un juste retour des choses pensa-t-il.
Le souvenir de sa chambre d’hôtel vide lui revint en mémoire. Ce sentiment de culpabilité envers elle le hantait terriblement.
Son esprit vacillait dans les méandres de son inconscient lorsqu’il entendit un bruit à sa proximité. Instinctivement, tous ses muscles se contractèrent et son regard se porta en direction de ce si petit objet posé là devant lui. Avec ironie, le téléphone clignota de cette lumière bleue tel un phare dans la nuit alors que le mode vibreur le faisait bouger en des formes non définies. Une angoisse lui enserra le cœur. Il laissa tomber sa tête contre ces barreaux froids, qui lui glacèrent le sang. Un profond sentiment d’impuissance lui noua l’estomac alors que son regard ne pouvait se défaire du téléphone portable.
-Qui çà peut être, s’hasarda à demander Lincoln à l’encontre de son frère ?
-Une seule personne…, souffla-t-il alors qu’il ne pouvait détacher ses yeux du portable.
Sara. Seule elle avait le numéro. Ce ne pouvait donc être qu’elle qui essaye de le joindre. Son regard se perdit dans le néant. Il fixait indubitablement cet objet. La lumière disparut et les vibrations finirent par s’arrêter. Mais, elle était là. Il le savait. Il le sentait. Elle était entrain de parler à sa boîte vocale. Il se surprit à maudire cette nouvelle technologie tant il aurait souhaité l’éventrer de manière à en extirper le message. Il aurait, en cet instant, tout donné, ne serait-ce que pour entendre une dernière fois la voix de la jeune femme. Un soupire s’échappa de sa bouche. Sara. Comme il regrettait.
Fin du flash back.
Les trois hommes roulèrent plusieurs heures dans un silence presque religieux. Puis, ils finirent par s’arrêter dans un petit hôtel. Kellerman avait réservé les chambres. Ils s’y engouffrèrent avec la plus grande discrétion. Mais, Michael ne put rester à l’intérieur. L’écoulements des derniers événements avaient chamboulé l’ensemble de son organisme, un peu comme s’il avait été entièrement parcouru de fourmillements.
-Où vas-tu ?
-J’ai besoin de prendre l’air, souffla-t-il à demi mot.
Lincoln se contenta de le regarder. Il savait que les recommandations étaient inutiles tant elles étaient devenues une habitude de tous les jours pour eux. A l’extérieur, Michael laissa entrer l’air dans ses poumons. Au premier abord, il en ressenti une brûlure. Mais existait-il une douleur plus intense que le feu sur votre peau ? Oui pensa-t-il, le fait de savoir que la femme que vous aimez vous rejette. Michael frotta ses mains sur son visage. La fatigue le gagnait de plus en plus. Depuis quand n’avait-il pas dormi ? Cela remonter à des mois maintenant. Bien avant que tous ses plans ne se dessinent dans sa tête. Idée folle, quand il y repensait. Mais, il était prêt à recommencer encore et encore s’il le fallait.
En marchant, il passa devant quelques pavillons isolés. Il avait une jolie vie avant la prison. Un bon job. Un superbe appartement. De l’argent. Bref, beaucoup de choses matérielles qui s’achètent et qui n’ont que peu d’importance en fin de compte. Enfin, il trouva une cabine téléphonique. Le passé était du passé, mieux valait ne plus y songer. Ses doigts se refermèrent sur le combiné. Des questions lui peuplaient l’esprit. Mais la plus importante concernait Sara. Lui avait-elle laissé un message ? Lui en voulait-elle toujours autant pour tout ce qui était arrivé ? Où était-elle ? Était-elle blessée ? Ces interrogations lui enserraient le cœur. Avec peur et angoisse il composa son numéro de téléphone puis essaya de se rappeler son code secret pour pouvoir avoir accès à sa messagerie. Il avait entré « Sara » soit en langage numérique 7272. Pas très inventif comme mot de passe mais tellement facile à retenir, pensa-t-il avec ironie. Une manière de détendre tous ses muscles crispés. Une once de soulagement traversa son corps lorsqu’il entendit la phrase magique « Vous avez UN nouveau message. Nouveau message. ». Ensuite s’ensuivit le long monologue de Sara.
-Michael ? C’est Sara. J’ai vu que tu avais essayé de me joindre. Je ne devrais peut-être pas te laisser ce message… Ecoute, à Gila, j’ai eu des problèmes. Je ne voulais pas t’abandonner… euh… Je suis désolée, Michael… Seulement, je ne sais pas où aller. Il n’y a qu’en toi que j’ai confiance… J’ai besoin de toi…euh… j’ai besoin de toi pour aller mieux… euh… j’ai besoin de toi Michael, s’il te plaît…
Des sourires se dessinèrent à l’écoute de l’entente de la voix de la jeune femme. Elle avait besoin de lui. Ses paroles firent battre son cœur. Comme s’il venait de prendre conscience qu’il ne l’avait pas totalement perdue. Lorsqu’il raccrocha, sa détermination pour la retrouver en était encore plus grande. Il se sentait revivre, un peu comme si la notion d’espoir qui l’avait quitté quelques années auparavant, avait décidé d’élire à nouveau domicile son cœur.
Lentement, il leva les yeux vers les lucioles qui s’étaient accrochés sur la toile noire au-dessus de la tête du monde. La nuit était belle et douce. Mais était-ce la chaleur de la nuit qui l’enveloppait ou bien le sentiment de pouvoir bientôt serrer cet amour contre son cœur ? Cependant, malgré ce qu’il considérait pour lui, égoïstement, comme étant une bonne nouvelle, il ne pouvait s’arrêter de voir l’aspect noir de la situation. Un autre défaut de sa personnalité. C’était plus fort que lui. Il devait tout analyser. Le bien comme le mal. Le vrai comme le faux. Le sourire qu’il arborait quelques minutes auparavant disparut. Seul un mot subsista ou plutôt un prénom, Sara.
Il rejoignit son frère et leur nouvel allié.
-Que compte-tu faire à présent ?
-Retrouver Sara… Elle a besoin de moi… Je dois la contacter…